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Chapitre 10 · Cours écrit

Représentations paramétriques et équations cartésiennes

Au chapitre 3, une droite était donnée par un point et un vecteur directeur, un plan par un point et deux vecteurs. Au chapitre 9, le produit scalaire a ajouté l'angle droit, le vecteur normal et le projeté orthogonal. Ce chapitre traduit tout cela en calculs sur des coordonnées : une droite devient un système de trois équations à un paramètre, un plan devient une seule équation, et les questions de géométrie (un point est-il sur une droite ? deux droites se coupent-elles ? trois vecteurs forment-ils une base ?) deviennent des systèmes d'équations linéaires, que l'on résout puis que l'on interprète.

Le repère. Dans tout le chapitre, l'espace est muni d'un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)(O\,;\vec{\imath}, \vec{\jmath}, \vec{k}), comme le demande le programme. À chaque point correspond un unique triplet de coordonnées (x ;y ;z)(x\,;y\,;z), et réciproquement : c'est la bijection entre l'espace et R3\mathbb{R}^3 vue au chapitre 3. Un point, une droite ou un plan deviennent ainsi un ou plusieurs triplets de réels.

La figure de référence. Comme aux chapitres 3 et 9, ABCDEFGHABCDEFGH désigne un cube d'arête 11 : ABCDABCD est la face du bas, et EE, FF, GG, HH sont au-dessus de AA, BB, CC, DD. Dans le repère orthonormé (A ;AB→,AD→,AE→)(A\,;\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}) : A(0 ;0 ;0), B(1 ;0 ;0), C(1 ;1 ;0), D(0 ;1 ;0), E(0 ;0 ;1), F(1 ;0 ;1), G(1 ;1 ;1), H(0 ;1 ;1).A(0\,;0\,;0),\ B(1\,;0\,;0),\ C(1\,;1\,;0),\ D(0\,;1\,;0),\ E(0\,;0\,;1),\ F(1\,;0\,;1),\ G(1\,;1\,;1),\ H(0\,;1\,;1).

Leçon 1 : Représentation paramétrique d'une droite

Voir la vidéo de la leçon 1

1.1 D'une égalité vectorielle à trois équations

Au chapitre 3 : la droite dd passant par AA et de vecteur directeur u⃗\vec{u} (non nul) est l'ensemble des points MM tels que AM→=t u⃗pour un reˊel t.\overrightarrow{AM} = t\,\vec{u} \quad \text{pour un réel } t. Avec des coordonnées, A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A), u⃗ (a ;b ;c)\vec{u}\,(a\,;b\,;c) et M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z), cette égalité de vecteurs s'écrit coordonnée par coordonnée : x−xA=tax - x_A = ta, y−yA=tby - y_A = tb et z−zA=tcz - z_A = tc.

1.2 Définition

Propriété et définition. La droite dd passant par A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) et de vecteur directeur u⃗ (a ;b ;c)\vec{u}\,(a\,;b\,;c) est l'ensemble des points M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) tels que {x=xA+tay=yA+tbz=zA+tct∈R.\begin{cases} x = x_A + ta \\ y = y_A + tb \\ z = z_A + tc \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}. Ce système est une représentation paramétrique de dd ; le réel tt est le paramètre.

Chaque valeur de tt donne un point de dd, et chaque point de dd est obtenu pour une seule valeur de tt : le paramètre repère le point sur la droite, comme une abscisse sur un axe gradué. Pour t=0t = 0, on obtient AA ; pour t=1t = 1, le point BB tel que AB→=u⃗\overrightarrow{AB} = \vec{u}.

Exemple 1. La droite dd passe par A(1 ;−2 ;3)A(1\,;-2\,;3) et elle est dirigée par u⃗ (2 ;1 ;−1)\vec{u}\,(2\,;1\,;-1). Une représentation paramétrique de dd est {x=1+2ty=−2+tz=3−tt∈R.\begin{cases} x = 1 + 2t \\ y = -2 + t \\ z = 3 - t \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}. Pour t=2t = 2, on obtient le point (5 ;0 ;1)(5\,;0\,;1) ; pour t=−1t = -1, le point (−1 ;−3 ;4)(-1\,;-3\,;4).

Exemple 2 (droite passant par deux points). A(2 ;0 ;−1)A(2\,;0\,;-1) et B(4 ;3 ;1)B(4\,;3\,;1). Le vecteur AB→ (2 ;3 ;2)\overrightarrow{AB}\,(2\,;3\,;2) dirige la droite (AB)(AB), qui passe par AA : (AB):{x=2+2ty=3tz=−1+2tt∈R.(AB) : \begin{cases} x = 2 + 2t \\ y = 3t \\ z = -1 + 2t \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}.

Exemple 3 (dans le cube). La grande diagonale (AG)(AG) passe par A(0 ;0 ;0)A(0\,;0\,;0) et elle est dirigée par AG→ (1 ;1 ;1)\overrightarrow{AG}\,(1\,;1\,;1) : x=tx = t, y=ty = t, z=tz = t. La diagonale (BH)(BH) passe par B(1 ;0 ;0)B(1\,;0\,;0) et elle est dirigée par BH→ (−1 ;1 ;1)\overrightarrow{BH}\,(-1\,;1\,;1) : x=1−sx = 1 - s, y=sy = s, z=sz = s. Quand on étudie deux droites ensemble, on donne à leurs paramètres des noms différents (tt et ss).

1.3 Lire une représentation paramétrique

Dans une représentation paramétrique, on lit :

  • les coordonnées d'un point de la droite : les termes constants (c'est le point obtenu pour t=0t = 0) ;
  • les coordonnées d'un vecteur directeur : les coefficients de tt, sans en oublier aucun (un coefficient peut être nul).

Exemple 4. Le système x=4−tx = 4 - t, y=2y = 2, z=1+3tz = 1 + 3t (t∈Rt \in \mathbb{R}) représente la droite passant par C(4 ;2 ;1)C(4\,;2\,;1) et dirigée par w⃗ (−1 ;0 ;3)\vec{w}\,(-1\,;0\,;3). Le coefficient de tt dans la deuxième ligne est 00 : la deuxième coordonnée de w⃗\vec{w} est nulle.

Attention : une droite a une infinité de représentations paramétriques. On peut partir d'un autre point de la droite, ou prendre un autre vecteur directeur (colinéaire à u⃗\vec{u}). Pour savoir si deux représentations décrivent la même droite, on vérifie que leurs vecteurs directeurs sont colinéaires et qu'un point de l'une est sur l'autre.

Exemple 5. Le système x=−3−4sx = -3 - 4s, y=−4−2sy = -4 - 2s, z=5+2sz = 5 + 2s (s∈Rs \in \mathbb{R}) représente la droite dd de l'exemple 1. En effet, son vecteur directeur (−4 ;−2 ;2)(-4\,;-2\,;2) est égal à −2 u⃗-2\,\vec{u}, et son point (−3 ;−4 ;5)(-3\,;-4\,;5), obtenu pour s=0s = 0, est sur dd (exemple 6 : c'est le point de paramètre t=−2t = -2).

1.4 Un point est-il sur la droite ?

Méthode. Le point MM est sur dd si et seulement s'il existe un même réel tt qui vérifie les trois équations. On trouve tt avec une équation, puis on vérifie les deux autres.

Exemple 6. Avec la droite dd de l'exemple 1 : x=1+2tx = 1 + 2t, y=−2+ty = -2 + t, z=3−tz = 3 - t.

  • B(−3 ;−4 ;5)B(-3\,;-4\,;5) : la première équation donne 1+2t=−31 + 2t = -3, soit t=−2t = -2. Alors y=−2−2=−4y = -2 - 2 = -4 et z=3+2=5z = 3 + 2 = 5 : ce sont bien les coordonnées de BB. B∈dB \in d, avec t=−2t = -2.
  • C(3 ;−1 ;1)C(3\,;-1\,;1) : la première équation donne t=1t = 1, et la deuxième aussi (−2+1=−1-2 + 1 = -1). Mais la troisième donne z=3−1=2≠1z = 3 - 1 = 2 \neq 1. Aucun réel ne convient : C∉dC \notin d.

Une seule équation ne suffit jamais : le point CC vérifie les deux premières.

1.5 Segment, demi-droite, mouvement rectiligne

  • Si u⃗=AB→\vec{u} = \overrightarrow{AB}, les points de paramètre t∈[0 ;1]t \in [0\,;1] forment le segment [AB][AB], et ceux de paramètre t≥0t \geq 0 la demi-droite [AB)[AB). Le milieu de [AB][AB] est le point de paramètre 12\frac12.
  • Si tt désigne un temps, le point M(t)M(t) est la position d'un objet qui avance en ligne droite, toujours à la même vitesse : il parcourt le vecteur u⃗\vec{u} pendant chaque unité de temps. Sa vitesse est ∥u⃗∥\lVert\vec{u}\rVert (la norme se calcule ainsi parce que le repère est orthonormé, chapitre 9). C'est le mouvement rectiligne uniforme de la physique.

Leçon 2 : Équation cartésienne d'un plan

Voir la vidéo de la leçon 2

2.1 Le théorème (démonstration du programme)

Au chapitre 9 : le plan P\mathcal{P} passant par AA et normal au vecteur non nul n⃗\vec{n} est l'ensemble des points MM tels que AM→⋅n⃗=0\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0. Écrite avec des coordonnées, cette condition devient une équation.

Théorème. Dans un repère orthonormé, soit A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) un point et n⃗ (a ;b ;c)\vec{n}\,(a\,;b\,;c) un vecteur non nul. Le plan P\mathcal{P} passant par AA et normal à n⃗\vec{n} a une équation de la forme ax+by+cz+d=0,ax + by + cz + d = 0, où dd est un réel : un point M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) appartient à P\mathcal{P} si et seulement si ses coordonnées vérifient cette équation. On l'appelle une équation cartésienne de P\mathcal{P}.

Démonstration. Soit M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) un point de l'espace. Alors AM→ (x−xA ; y−yA ; z−zA)\overrightarrow{AM}\,(x - x_A\,;\ y - y_A\,;\ z - z_A). Comme le repère est orthonormé, le produit scalaire se calcule avec les coordonnées (chapitre 9) : AM→⋅n⃗=a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)=ax+by+cz−(axA+byA+czA).\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = a(x - x_A) + b(y - y_A) + c(z - z_A) = ax + by + cz - (a x_A + b y_A + c z_A). On pose d=−(axA+byA+czA)d = -(a x_A + b y_A + c z_A) : c'est un nombre fixé, qui ne dépend pas de MM. Alors M∈P  ⟺  AM→⋅n⃗=0  ⟺  ax+by+cz+d=0.M \in \mathcal{P} \iff \overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0 \iff ax + by + cz + d = 0.

Les coefficients de xx, yy et zz sont les coordonnées du vecteur normal. Le nombre dd se trouve en écrivant que AA vérifie l'équation.

2.2 Trouver une équation

Méthode. 1. On écrit ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 avec les coordonnées (a ;b ;c)(a\,;b\,;c) du vecteur normal. 2. On remplace xx, yy, zz par les coordonnées de AA pour trouver dd. 3. On peut contrôler avec un autre point connu du plan.

Exemple 7. Le plan P\mathcal{P} passe par A(2 ;−1 ;3)A(2\,;-1\,;3) et il est normal à n⃗ (1 ;2 ;−2)\vec{n}\,(1\,;2\,;-2). Une équation est x+2y−2z+d=0x + 2y - 2z + d = 0. Comme A∈PA \in \mathcal{P} : 2−2−6+d=02 - 2 - 6 + d = 0, donc d=6d = 6, et P:x+2y−2z+6=0.\mathcal{P} : x + 2y - 2z + 6 = 0. Le point B(0 ;−3 ;0)B(0\,;-3\,;0) est dans P\mathcal{P} : 0−6−0+6=00 - 6 - 0 + 6 = 0. Le point OO n'y est pas : 0+0−0+6=6≠00 + 0 - 0 + 6 = 6 \neq 0.

Exemple 8. Le plan passant par l'origine OO et normal à n⃗ (3 ;−1 ;4)\vec{n}\,(3\,;-1\,;4) a pour équation 3x−y+4z=03x - y + 4z = 0. En général, un plan passe par l'origine si et seulement si d=0d = 0.

2.3 Une équation n'est pas unique

Si l'on multiplie une équation par un réel kk non nul, on obtient une autre équation du même plan : x+2y−2z+6=0x + 2y - 2z + 6 = 0 et 2x+4y−4z+12=02x + 4y - 4z + 12 = 0 décrivent le même plan. On dit donc « une équation cartésienne ». On admet que deux équations d'un même plan sont toujours proportionnelles.

2.4 Plans particuliers : les faces du cube

Exemple 9. Dans le repère (A ;AB→,AD→,AE→)(A\,;\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}) du cube :

  • la face ABCDABCD est dans le plan normal à AE→ (0 ;0 ;1)\overrightarrow{AE}\,(0\,;0\,;1) passant par AA : son équation est z=0z = 0. La face EFGHEFGH a pour équation z=1z = 1 ;
  • les faces ABFEABFE et DCGHDCGH : y=0y = 0 et y=1y = 1 ; les faces ADHEADHE et BCGFBCGF : x=0x = 0 et x=1x = 1 ;
  • au chapitre 9, on a montré que AG→ (1 ;1 ;1)\overrightarrow{AG}\,(1\,;1\,;1) est normal au plan (BDE)(BDE). Ce plan passe par B(1 ;0 ;0)B(1\,;0\,;0), donc x+y+z+d=0x + y + z + d = 0 avec 1+d=01 + d = 0 : (BDE):x+y+z−1=0.(BDE) : x + y + z - 1 = 0. Contrôle : D(0 ;1 ;0)D(0\,;1\,;0) et E(0 ;0 ;1)E(0\,;0\,;1) vérifient l'équation.

Une équation où une coordonnée n'apparaît pas décrit aussi un plan : z=1z = 1 s'écrit 0x+0y+1z−1=00x + 0y + 1z - 1 = 0, de vecteur normal k⃗\vec{k}.

2.5 Plan médiateur

Au chapitre 9 : le plan médiateur de [AB][AB] passe par le milieu II de [AB][AB] et il est normal à AB→\overrightarrow{AB}.

Exemple 10. A(1 ;2 ;−1)A(1\,;2\,;-1) et B(3 ;0 ;3)B(3\,;0\,;3). Le milieu de [AB][AB] est I(2 ;1 ;1)I(2\,;1\,;1) et AB→ (2 ;−2 ;4)\overrightarrow{AB}\,(2\,;-2\,;4). Le plan médiateur a une équation 2x−2y+4z+d=02x - 2y + 4z + d = 0, avec 4−2+4+d=04 - 2 + 4 + d = 0, donc d=−6d = -6. En divisant par 22 : x−y+2z−3=0.x - y + 2z - 3 = 0. Contrôle avec le point M(3 ;2 ;1)M(3\,;2\,;1), dont on a vu au chapitre 9 qu'il est à égale distance de AA et de BB : 3−2+2−3=03 - 2 + 2 - 3 = 0.

Leçon 3 : Reconnaître un plan ; plan défini par trois points

Voir la vidéo de la leçon 3

3.1 La réciproque

Propriété. Soit aa, bb, cc, dd quatre réels, avec aa, bb, cc non tous nuls. L'ensemble des points M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) tels que ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 est un plan, de vecteur normal n⃗ (a ;b ;c)\vec{n}\,(a\,;b\,;c).

Démonstration. Cet ensemble contient au moins un point A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) : si a≠0a \neq 0, par exemple, le point A(−da ;0 ;0)A\left(-\frac{d}{a}\,;0\,;0\right) convient (de même avec bb ou cc). Alors axA+byA+czA+d=0a x_A + b y_A + c z_A + d = 0, donc d=−(axA+byA+czA)d = -(a x_A + b y_A + c z_A), et pour tout point M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) : ax+by+cz+d=a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)=AM→⋅n⃗.ax + by + cz + d = a(x - x_A) + b(y - y_A) + c(z - z_A) = \overrightarrow{AM} \cdot \vec{n}. L'équation équivaut donc à AM→⋅n⃗=0\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0 : c'est le plan passant par AA et normal à n⃗\vec{n} (chapitre 9), et n⃗\vec{n} n'est pas nul.

3.2 Lire un vecteur normal, tester un point

Exemple 11. P:2x−y+3z−6=0\mathcal{P} : 2x - y + 3z - 6 = 0.

  • Vecteur normal : n⃗ (2 ;−1 ;3)\vec{n}\,(2\,;-1\,;3), les coefficients de xx, yy, zz (le signe compris).
  • Un point : on fixe deux coordonnées et l'on calcule la troisième. Avec y=z=0y = z = 0 : 2x−6=02x - 6 = 0, donc (3 ;0 ;0)∈P(3\,;0\,;0) \in \mathcal{P}. De même, (0 ;−6 ;0)(0\,;-6\,;0) et (0 ;0 ;2)(0\,;0\,;2) sont dans P\mathcal{P} : ce sont ses points sur les trois axes.
  • Tester un point : M(1 ;2 ;2)M(1\,;2\,;2) donne 2−2+6−6=02 - 2 + 6 - 6 = 0, donc M∈PM \in \mathcal{P} ; N(1 ;1 ;1)N(1\,;1\,;1) donne 2−1+3−6=−2≠02 - 1 + 3 - 6 = -2 \neq 0, donc N∉PN \notin \mathcal{P}.

Exemple 12. L'équation x+y−1=0x + y - 1 = 0, où zz n'apparaît pas, est celle d'un plan de vecteur normal (1 ;1 ;0)(1\,;1\,;0). Si un point (x ;y ;z)(x\,;y\,;z) y est, tous les points (x ;y ;z′)(x\,;y\,;z') y sont aussi : ce plan contient des droites parallèles à l'axe des cotes. Dans le cube, il contient BB, DD, FF et HH : c'est le plan (BDH)(BDH).

3.3 Plans parallèles, droite orthogonale, droite parallèle à un plan

Les conséquences des vecteurs normaux (chapitre 9) se lisent sur les équations. Soit P\mathcal{P} un plan de vecteur normal n⃗\vec{n} et dd une droite de vecteur directeur u⃗\vec{u}.

  • Deux plans sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colinéaires : les coefficients de xx, yy, zz sont proportionnels.
  • dd est orthogonale à P\mathcal{P} si et seulement si u⃗\vec{u} et n⃗\vec{n} sont colinéaires.
  • dd est parallèle à P\mathcal{P} (strictement, ou contenue dans P\mathcal{P}) si et seulement si u⃗⋅n⃗=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 0.

Exemple 13. On reprend P:2x−y+3z−6=0\mathcal{P} : 2x - y + 3z - 6 = 0, de vecteur normal n⃗ (2 ;−1 ;3)\vec{n}\,(2\,;-1\,;3).

  • P′:4x−2y+6z+1=0\mathcal{P}' : 4x - 2y + 6z + 1 = 0 a pour vecteur normal (4 ;−2 ;6)=2n⃗(4\,;-2\,;6) = 2\vec{n} : les plans sont parallèles. Ils sont distincts, car (3 ;0 ;0)(3\,;0\,;0), point de P\mathcal{P}, donne 12+1=13≠012 + 1 = 13 \neq 0 dans l'équation de P′\mathcal{P}'.
  • Le plan Q\mathcal{Q} parallèle à P\mathcal{P} passant par B(1 ;1 ;1)B(1\,;1\,;1) a une équation 2x−y+3z+d=02x - y + 3z + d = 0, avec 2−1+3+d=02 - 1 + 3 + d = 0 : Q:2x−y+3z−4=0\mathcal{Q} : 2x - y + 3z - 4 = 0.
  • La droite passant par BB et orthogonale à P\mathcal{P} est dirigée par n⃗\vec{n} : x=1+2tx = 1 + 2t, y=1−ty = 1 - t, z=1+3tz = 1 + 3t.
  • La droite dd : x=1+tx = 1 + t, y=2ty = 2t, z=3z = 3 est dirigée par u⃗ (1 ;2 ;0)\vec{u}\,(1\,;2\,;0), et u⃗⋅n⃗=2−2+0=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 2 - 2 + 0 = 0 : elle est parallèle à P\mathcal{P}. Son point (1 ;0 ;3)(1\,;0\,;3) donne 2−0+9−6=5≠02 - 0 + 9 - 6 = 5 \neq 0 : elle n'est pas contenue dans P\mathcal{P}, elle lui est strictement parallèle.

3.4 Plan défini par trois points

Méthode. Pour trouver une équation du plan (ABC)(ABC) :

  1. vérifier que AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} ne sont pas colinéaires (les points ne sont pas alignés) ;
  2. vérifier qu'un vecteur n⃗\vec{n} (souvent donné par l'énoncé) est orthogonal à AB→\overrightarrow{AB} et à AC→\overrightarrow{AC} : il est alors normal au plan (chapitre 9) ;
  3. écrire l'équation avec n⃗\vec{n} et le point AA ;
  4. contrôler avec BB et CC.

Exemple 14. A(1 ;0 ;2)A(1\,;0\,;2), B(2 ;1 ;0)B(2\,;1\,;0), C(0 ;3 ;1)C(0\,;3\,;1) et n⃗ (5 ;3 ;4)\vec{n}\,(5\,;3\,;4).

  1. AB→ (1 ;1 ;−2)\overrightarrow{AB}\,(1\,;1\,;-2) et AC→ (−1 ;3 ;−1)\overrightarrow{AC}\,(-1\,;3\,;-1) : ils ne sont pas colinéaires, car il faudrait multiplier par −1-1 pour passer de 11 à −1-1, et par 33 pour passer de 11 à 33.
  2. n⃗⋅AB→=5+3−8=0\vec{n} \cdot \overrightarrow{AB} = 5 + 3 - 8 = 0 et n⃗⋅AC→=−5+9−4=0\vec{n} \cdot \overrightarrow{AC} = -5 + 9 - 4 = 0 : n⃗\vec{n} est normal au plan (ABC)(ABC).
  3. 5x+3y+4z+d=05x + 3y + 4z + d = 0 avec AA : 5+0+8+d=05 + 0 + 8 + d = 0, donc d=−13d = -13, et (ABC):5x+3y+4z−13=0(ABC) : 5x + 3y + 4z - 13 = 0.
  4. Contrôle : BB donne 10+3+0−13=010 + 3 + 0 - 13 = 0 et CC donne 0+9+4−13=00 + 9 + 4 - 13 = 0.

3.5 Pour aller plus loin : trouver soi-même un vecteur normal

Le programme range « déterminer un vecteur orthogonal à deux vecteurs non colinéaires » parmi les approfondissements possibles : ce paragraphe n'est pas exigible. Pour trouver un vecteur n⃗ (a ;b ;c)\vec{n}\,(a\,;b\,;c) normal au plan de l'exemple 14, on écrit les deux conditions : {a+b−2c=0−a+3b−c=0\begin{cases} a + b - 2c = 0 \\ -a + 3b - c = 0 \end{cases} En ajoutant les deux lignes : 4b−3c=04b - 3c = 0. Deux équations pour trois inconnues : on choisit une valeur, par exemple c=4c = 4. Alors b=3b = 3, puis a=2c−b=5a = 2c - b = 5. On retrouve n⃗ (5 ;3 ;4)\vec{n}\,(5\,;3\,;4), ou tout vecteur colinéaire.

Leçon 4 : Intersections

Voir la vidéo de la leçon 4

4.1 Une droite et un plan

Une droite dd et un plan P\mathcal{P} sont sécants (un seul point commun), strictement parallèles (aucun point commun), ou bien dd est contenue dans P\mathcal{P} (chapitre 3).

Méthode. dd est donnée par une représentation paramétrique, P\mathcal{P} par une équation cartésienne. Un point de dd est dans P\mathcal{P} si ses coordonnées x(t)x(t), y(t)y(t), z(t)z(t) vérifient l'équation du plan. On remplace donc xx, yy, zz dans l'équation du plan : on obtient une équation du premier degré en tt.

  • Une seule solution t0t_0 : dd et P\mathcal{P} sont sécants, en le point de paramètre t0t_0.
  • Aucune solution (on arrive à une égalité fausse, par exemple −2=0-2 = 0) : dd est strictement parallèle à P\mathcal{P}.
  • Tout réel est solution (on arrive à 0=00 = 0) : dd est contenue dans P\mathcal{P}.

Le coefficient de tt obtenu est exactement u⃗⋅n⃗\vec{u} \cdot \vec{n} : il est nul quand dd est parallèle à P\mathcal{P} (leçon 3).

Exemple 15 (dans le cube). La droite (AG)(AG) : x=tx = t, y=ty = t, z=tz = t, et le plan (BDE):x+y+z−1=0(BDE) : x + y + z - 1 = 0. On remplace : t+t+t−1=0t + t + t - 1 = 0, donc t=13t = \frac13. La droite coupe le plan au point K(13 ;13 ;13)K\left(\frac13\,;\frac13\,;\frac13\right), au tiers de la diagonale : c'est le point KK trouvé par une autre méthode au chapitre 3.

Exemple 16 (les trois cas). dd : x=1+2tx = 1 + 2t, y=−1+ty = -1 + t, z=3−tz = 3 - t, de vecteur directeur u⃗ (2 ;1 ;−1)\vec{u}\,(2\,;1\,;-1).

  • P1:x+y+z−9=0\mathcal{P}_1 : x + y + z - 9 = 0. On remplace : (1+2t)+(−1+t)+(3−t)−9=2t−6(1 + 2t) + (-1 + t) + (3 - t) - 9 = 2t - 6. L'équation 2t−6=02t - 6 = 0 donne t=3t = 3 : dd et P1\mathcal{P}_1 sont sécants en I(7 ;2 ;0)I(7\,;2\,;0).
  • P2:x−y+z−7=0\mathcal{P}_2 : x - y + z - 7 = 0. On obtient (1+2t)−(−1+t)+(3−t)−7=−2(1 + 2t) - (-1 + t) + (3 - t) - 7 = -2. L'équation −2=0-2 = 0 n'a aucune solution : dd est strictement parallèle à P2\mathcal{P}_2.
  • P3:x−y+z−5=0\mathcal{P}_3 : x - y + z - 5 = 0. On obtient 0=00 = 0, vrai pour tout tt : dd est contenue dans P3\mathcal{P}_3.

Contrôle : avec n⃗2 (1 ;−1 ;1)\vec{n}_2\,(1\,;-1\,;1), u⃗⋅n⃗2=2−1−1=0\vec{u} \cdot \vec{n}_2 = 2 - 1 - 1 = 0.

4.2 Deux droites

Deux droites sont coplanaires (sécantes ou parallèles) ou non coplanaires (chapitre 3).

Méthode. Soit dd de vecteur directeur u⃗\vec{u} et d′d' de vecteur directeur u⃗′\vec{u}', avec des paramètres de noms différents, tt et ss.

  1. Si u⃗\vec{u} et u⃗′\vec{u}' sont colinéaires, les droites sont parallèles : confondues si un point de l'une est sur l'autre, strictement parallèles sinon.
  2. Sinon, on cherche un point commun : on écrit l'égalité des trois coordonnées. On obtient un système de trois équations à deux inconnues tt et ss. On résout deux équations, puis on vérifie la troisième :
    • si elle est vérifiée, les droites sont sécantes ;
    • sinon, elles n'ont aucun point commun et ne sont pas parallèles : elles sont non coplanaires.

Exemple 17 (dans le cube). (AG)(AG) : x=tx = t, y=ty = t, z=tz = t et (BH)(BH) : x=1−sx = 1 - s, y=sy = s, z=sz = s. Les vecteurs (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1) et (−1 ;1 ;1)(-1\,;1\,;1) ne sont pas colinéaires. Le système {t=1−st=st=s\begin{cases} t = 1 - s \\ t = s \\ t = s \end{cases} donne s=1−ss = 1 - s, donc s=12s = \frac12 et t=12t = \frac12 ; la troisième équation est vérifiée. Les diagonales se coupent au point Ω(12 ;12 ;12)\Omega\left(\frac12\,;\frac12\,;\frac12\right), le centre du cube.

Avec (BD)(BD) : x=1−sx = 1 - s, y=sy = s, z=0z = 0, le système t=1−st = 1 - s, t=st = s, t=0t = 0 donne t=0t = 0 et s=0s = 0 par les deux dernières équations, puis 0=10 = 1 dans la première : impossible. Comme (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1) et (−1 ;1 ;0)(-1\,;1\,;0) ne sont pas colinéaires, (AG)(AG) et (BD)(BD) sont non coplanaires.

Exemple 18. dd : x=1+2tx = 1 + 2t, y=−1+ty = -1 + t, z=3−tz = 3 - t.

  • d1d_1 : x=1+sx = 1 + s, y=−4+2sy = -4 + 2s, z=sz = s. Les vecteurs (2 ;1 ;−1)(2\,;1\,;-1) et (1 ;2 ;1)(1\,;2\,;1) ne sont pas colinéaires. La première équation donne s=2ts = 2t ; la troisième, 3−t=2t3 - t = 2t, donne t=1t = 1 et s=2s = 2. Deuxième équation : −1+1=0-1 + 1 = 0 et −4+4=0-4 + 4 = 0, elle est vérifiée. Les droites sont sécantes en (3 ;0 ;2)(3\,;0\,;2).
  • d2d_2 : x=sx = s, y=1+sy = 1 + s, z=1+sz = 1 + s. La deuxième et la troisième équation donnent −1+t=3−t-1 + t = 3 - t, donc t=2t = 2, puis s=0s = 0. La première donnerait 1+4=01 + 4 = 0 : impossible. Les vecteurs (2 ;1 ;−1)(2\,;1\,;-1) et (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1) ne sont pas colinéaires : dd et d2d_2 sont non coplanaires.

4.3 Deux plans

Deux plans sont parallèles si leurs vecteurs normaux sont colinéaires (leçon 3) ; sinon, ils sont sécants selon une droite. Pour aller plus loin (approfondissement du programme, non exigible) : l'intersection des plans x+y+z−9=0x + y + z - 9 = 0 et z=0z = 0 est l'ensemble des points tels que z=0z = 0 et x+y=9x + y = 9 ; en posant x=tx = t, on obtient la droite x=tx = t, y=9−ty = 9 - t, z=0z = 0.

Leçon 5 : Projeté orthogonal et distance

Voir la vidéo de la leçon 5

Au chapitre 9 : le projeté orthogonal HH d'un point MM sur un plan (ou sur une droite) est le point de ce plan (ou de cette droite) le plus proche de MM, et la distance de MM au plan (ou à la droite) est MHMH. Au chapitre 9, le projeté sur un plan était deviné sur une figure, puis vérifié, et le projeté sur une droite était donné par la formule t=AM→⋅u⃗∥u⃗∥2t = \dfrac{\overrightarrow{AM} \cdot \vec{u}}{\lVert\vec{u}\rVert^2}. Ici, on calcule les coordonnées de HH dans tous les cas, avec une représentation paramétrique et une équation cartésienne.

5.1 Sur un plan donné par une équation cartésienne

Méthode. Soit P:ax+by+cz+d=0\mathcal{P} : ax + by + cz + d = 0, de vecteur normal n⃗ (a ;b ;c)\vec{n}\,(a\,;b\,;c), et MM un point.

  1. La droite Δ\Delta passant par MM et orthogonale à P\mathcal{P} est dirigée par n⃗\vec{n} : on écrit sa représentation paramétrique.
  2. Le projeté HH est le point d'intersection de Δ\Delta et de P\mathcal{P} (leçon 4) : on remplace dans l'équation du plan et l'on trouve tt.
  3. On en déduit les coordonnées de HH, puis la distance MHMH.

Exemple 19. P:2x−y+2z−3=0\mathcal{P} : 2x - y + 2z - 3 = 0 et M(5 ;−3 ;4)M(5\,;-3\,;4).

  1. n⃗ (2 ;−1 ;2)\vec{n}\,(2\,;-1\,;2) ; Δ\Delta : x=5+2tx = 5 + 2t, y=−3−ty = -3 - t, z=4+2tz = 4 + 2t.
  2. 2(5+2t)−(−3−t)+2(4+2t)−3=18+9t2(5 + 2t) - (-3 - t) + 2(4 + 2t) - 3 = 18 + 9t, et 18+9t=018 + 9t = 0 donne t=−2t = -2.
  3. H(1 ;−1 ;0)H(1\,;-1\,;0). Contrôle : 2+1+0−3=02 + 1 + 0 - 3 = 0. Alors MH→ (−4 ;2 ;−4)\overrightarrow{MH}\,(-4\,;2\,;-4) et MH=16+4+16=6.MH = \sqrt{16 + 4 + 16} = 6. La distance du point MM au plan P\mathcal{P} vaut 66. On a aussi MH→=−2n⃗\overrightarrow{MH} = -2\vec{n} et ∥n⃗∥=3\lVert\vec{n}\rVert = 3.

Exemple 20 (dans le cube). Le projeté de AA sur le plan (BDE):x+y+z−1=0(BDE) : x + y + z - 1 = 0. La droite passant par AA dirigée par le vecteur normal (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1) est (AG)(AG), et l'exemple 15 donne H=K(13 ;13 ;13)H = K\left(\frac13\,;\frac13\,;\frac13\right). La distance de AA au plan (BDE)(BDE) vaut AK=19+19+19=33AK = \sqrt{\frac19 + \frac19 + \frac19} = \frac{\sqrt3}{3} : c'est le résultat du chapitre 9, obtenu ici par le calcul.

5.2 Sur une droite donnée par un point et un vecteur directeur

Méthode. Soit dd la droite passant par AA et dirigée par u⃗\vec{u}, et MM un point.

  1. On écrit les coordonnées d'un point quelconque H(t)H(t) de dd avec la représentation paramétrique.
  2. H(t)H(t) est le projeté de MM si et seulement si MH(t)→⋅u⃗=0\overrightarrow{MH(t)} \cdot \vec{u} = 0 : c'est une équation du premier degré en tt.
  3. On en déduit HH, puis la distance MHMH.

Exemple 21. dd passe par A(1 ;2 ;−1)A(1\,;2\,;-1) et elle est dirigée par u⃗ (1 ;2 ;2)\vec{u}\,(1\,;2\,;2) : x=1+tx = 1 + t, y=2+2ty = 2 + 2t, z=−1+2tz = -1 + 2t. Soit M(4 ;5 ;−1)M(4\,;5\,;-1).

  1. H(1+t ; 2+2t ; −1+2t)H(1 + t\,;\ 2 + 2t\,;\ -1 + 2t), donc MH→ (−3+t ; −3+2t ; 2t)\overrightarrow{MH}\,(-3 + t\,;\ -3 + 2t\,;\ 2t).
  2. MH→⋅u⃗=(−3+t)+2(−3+2t)+2×2t=9t−9\overrightarrow{MH} \cdot \vec{u} = (-3 + t) + 2(-3 + 2t) + 2 \times 2t = 9t - 9, nul pour t=1t = 1.
  3. H(2 ;4 ;1)H(2\,;4\,;1) et MH→ (−2 ;−1 ;2)\overrightarrow{MH}\,(-2\,;-1\,;2) : la distance de MM à dd vaut MH=4+1+4=3MH = \sqrt{4 + 1 + 4} = 3.

On retrouve la formule du chapitre 9, t=AM→⋅u⃗∥u⃗∥2t = \dfrac{\overrightarrow{AM} \cdot \vec{u}}{\lVert\vec{u}\rVert^2} : ici AM→ (3 ;3 ;0)\overrightarrow{AM}\,(3\,;3\,;0), AM→⋅u⃗=9\overrightarrow{AM} \cdot \vec{u} = 9 et ∥u⃗∥2=9\lVert\vec{u}\rVert^2 = 9.

Exemple 22 (dans le cube). Le projeté de B(1 ;0 ;0)B(1\,;0\,;0) sur (AG)(AG) : H(t ;t ;t)H(t\,;t\,;t), BH→ (t−1 ;t ;t)\overrightarrow{BH}\,(t - 1\,;t\,;t) et BH→⋅AG→=3t−1\overrightarrow{BH} \cdot \overrightarrow{AG} = 3t - 1, nul pour t=13t = \frac13. Le projeté est encore le point KK, et la distance de BB à (AG)(AG) vaut BK=49+19+19=63BK = \sqrt{\frac49 + \frac19 + \frac19} = \frac{\sqrt6}{3}, comme au chapitre 9.

Leçon 6 : Systèmes linéaires en géométrie

Voir la vidéo de la leçon 6

Le programme le dit : « l'étude générale des systèmes linéaires n'est pas un objectif », mais beaucoup de questions de géométrie se traduisent par un système d'équations linéaires. On le résout dans des cas simples (par substitution, ou en ajoutant des lignes), puis on interprète ses solutions.

6.1 Trois vecteurs forment-ils une base ?

Au chapitre 3 : trois vecteurs forment une base s'ils ne sont pas coplanaires, et si u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires, u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} sont coplanaires si et seulement si w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v} pour deux réels aa et bb.

Méthode. 1. On vérifie que u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires. 2. On écrit w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v} coordonnée par coordonnée : trois équations, deux inconnues. 3. S'il n'y a pas de solution, w⃗\vec{w} n'est pas une combinaison de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} : les trois vecteurs forment une base. S'il y en a une, ils sont coplanaires : ce n'est pas une base.

Exemple 23. u⃗ (1 ;0 ;1)\vec{u}\,(1\,;0\,;1), v⃗ (0 ;1 ;1)\vec{v}\,(0\,;1\,;1), w⃗ (1 ;1 ;0)\vec{w}\,(1\,;1\,;0). Les vecteurs u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires (une coordonnée nulle chez l'un, pas chez l'autre). Le système w⃗=au⃗+bv⃗  ⟺  {a=1b=1a+b=0\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v} \iff \begin{cases} a = 1 \\ b = 1 \\ a + b = 0 \end{cases} donnerait 2=02 = 0 : il n'a pas de solution. (u⃗,v⃗,w⃗)(\vec{u}, \vec{v}, \vec{w}) est une base.

Avec w⃗′ (2 ;−1 ;1)\vec{w}'\,(2\,;-1\,;1) : a=2a = 2, b=−1b = -1, et la troisième équation a+b=1a + b = 1 est vérifiée. Donc w⃗′=2u⃗−v⃗\vec{w}' = 2\vec{u} - \vec{v} : les vecteurs u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗′\vec{w}' sont coplanaires, ce n'est pas une base.

On peut aussi dire : (u⃗,v⃗,w⃗)(\vec{u}, \vec{v}, \vec{w}) est une base si et seulement si la seule solution de au⃗+bv⃗+cw⃗=0⃗a\vec{u} + b\vec{v} + c\vec{w} = \vec{0} est a=b=c=0a = b = c = 0. Les mathématiciens parlent de vecteurs linéairement indépendants.

6.2 Coordonnées d'un vecteur dans une base

Si (u⃗,v⃗,w⃗)(\vec{u}, \vec{v}, \vec{w}) est une base, tout vecteur t⃗\vec{t} s'écrit de façon unique t⃗=xu⃗+yv⃗+zw⃗\vec{t} = x\vec{u} + y\vec{v} + z\vec{w} (chapitre 3). Pour trouver xx, yy, zz, on résout un système de trois équations à trois inconnues, qui a une solution unique.

Exemple 24. Dans la base de l'exemple 23, les coordonnées de t⃗ (3 ;0 ;1)\vec{t}\,(3\,;0\,;1). Le système {x+z=3y+z=0x+y=1\begin{cases} x + z = 3 \\ y + z = 0 \\ x + y = 1 \end{cases} se résout en ajoutant les trois lignes : 2(x+y+z)=42(x + y + z) = 4, donc x+y+z=2x + y + z = 2. Alors z=2−1=1z = 2 - 1 = 1 (avec la troisième ligne), x=2−0=2x = 2 - 0 = 2 (avec la deuxième) et y=2−3=−1y = 2 - 3 = -1 (avec la première). Donc t⃗=2u⃗−v⃗+w⃗\vec{t} = 2\vec{u} - \vec{v} + \vec{w} : ses coordonnées dans la base (u⃗,v⃗,w⃗)(\vec{u}, \vec{v}, \vec{w}) sont (2 ;−1 ;1)(2\,;-1\,;1).

Exemple 25 (retour au chapitre 3). Dans le cube, on avait lu sur la figure que (AB→,AD→,AG→)(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AG}) est une base et que AE→=−AB→−AD→+AG→\overrightarrow{AE} = -\overrightarrow{AB} - \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AG}. Par le calcul :

  • AB→ (1 ;0 ;0)\overrightarrow{AB}\,(1\,;0\,;0) et AD→ (0 ;1 ;0)\overrightarrow{AD}\,(0\,;1\,;0) ne sont pas colinéaires, et AG→ (1 ;1 ;1)=aAB→+bAD→\overrightarrow{AG}\,(1\,;1\,;1) = a\overrightarrow{AB} + b\overrightarrow{AD} donnerait 1=01 = 0 par la troisième coordonnée : c'est une base ;
  • AE→ (0 ;0 ;1)=xAB→+yAD→+zAG→\overrightarrow{AE}\,(0\,;0\,;1) = x\overrightarrow{AB} + y\overrightarrow{AD} + z\overrightarrow{AG} donne x+z=0x + z = 0, y+z=0y + z = 0, z=1z = 1, donc z=1z = 1, x=−1x = -1, y=−1y = -1. On retrouve les coordonnées (−1 ;−1 ;1)(-1\,;-1\,;1).

6.3 Coplanarité et alignement

  • Quatre points AA, BB, CC, DD (avec AA, BB, CC non alignés) sont coplanaires si et seulement si le système AD→=aAB→+bAC→\overrightarrow{AD} = a\overrightarrow{AB} + b\overrightarrow{AC} a une solution. On peut aussi chercher une équation du plan (ABC)(ABC) et tester DD.
  • Trois points AA, BB, CC sont alignés si et seulement si le système AC→=kAB→\overrightarrow{AC} = k\overrightarrow{AB} (trois équations, une inconnue) a une solution.

Exemple 26. On reprend A(1 ;0 ;2)A(1\,;0\,;2), B(2 ;1 ;0)B(2\,;1\,;0), C(0 ;3 ;1)C(0\,;3\,;1) (exemple 14) et l'on pose D(1 ;4 ;−1)D(1\,;4\,;-1). AD→ (0 ;4 ;−3)\overrightarrow{AD}\,(0\,;4\,;-3) et le système {a−b=0a+3b=4−2a−b=−3\begin{cases} a - b = 0 \\ a + 3b = 4 \\ -2a - b = -3 \end{cases} donne a=ba = b, puis 4a=44a = 4 : a=b=1a = b = 1, et la troisième équation est vérifiée (−2−1=−3-2 - 1 = -3). Donc AD→=AB→+AC→\overrightarrow{AD} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AC} : les quatre points sont coplanaires (ABDCABDC est même un parallélogramme). Contrôle avec l'équation de (ABC)(ABC) : 5+12−4−13=05 + 12 - 4 - 13 = 0.

Avec D′(2 ;2 ;1)D'(2\,;2\,;1) : AD′→ (1 ;2 ;−1)\overrightarrow{AD'}\,(1\,;2\,;-1), les deux premières équations a−b=1a - b = 1 et a+3b=2a + 3b = 2 donnent b=14b = \frac14 et a=54a = \frac54, mais alors −2a−b=−114≠−1-2a - b = -\frac{11}{4} \neq -1. Pas de solution : D′D' n'est pas dans le plan (ABC)(ABC). Contrôle : 10+6+4−13=7≠010 + 6 + 4 - 13 = 7 \neq 0.

6.4 Interpréter les solutions

Question Système Interprétation
Un point est-il sur une droite ? trois équations, inconnue tt une solution : oui ; aucune : non
Une droite et un plan une équation, inconnue tt une solution : sécants ; aucune : strictement parallèles ; tout tt : droite contenue dans le plan
Deux droites non parallèles trois équations, inconnues tt et ss une solution : sécantes ; aucune : non coplanaires
Trois vecteurs (u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v} non colinéaires) w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v} aucune solution : base ; une solution : coplanaires
Coordonnées dans une base trois équations, trois inconnues toujours une solution unique

Ce qu'il faut retenir du chapitre

  1. Le repère est orthonormé. Une représentation paramétrique de la droite passant par A(xA ;yA ;zA)A(x_A\,;y_A\,;z_A) et dirigée par u⃗ (a ;b ;c)\vec{u}\,(a\,;b\,;c) est x=xA+tax = x_A + ta, y=yA+tby = y_A + tb, z=zA+tcz = z_A + tc, t∈Rt \in \mathbb{R}. On y lit un point (pour t=0t = 0) et un vecteur directeur (les coefficients de tt). Elle n'est pas unique.
  2. Un point est sur la droite s'il existe un même tt pour les trois équations.
  3. Équation cartésienne : le plan passant par AA et normal à n⃗ (a ;b ;c)\vec{n}\,(a\,;b\,;c) a une équation ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 ; on trouve dd avec le point AA. Démonstration : AM→⋅n⃗=0\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0 écrit avec les coordonnées.
  4. Réciproquement, si (a ;b ;c)≠(0 ;0 ;0)(a\,;b\,;c) \neq (0\,;0\,;0), ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 est l'équation d'un plan de vecteur normal n⃗ (a ;b ;c)\vec{n}\,(a\,;b\,;c). Un point est dans le plan si ses coordonnées vérifient l'équation.
  5. Plan (ABC)(ABC) : vérifier que n⃗\vec{n} est orthogonal à AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} (non colinéaires), puis écrire l'équation avec AA et contrôler avec BB et CC.
  6. Droite et plan : on remplace xx, yy, zz par x(t)x(t), y(t)y(t), z(t)z(t) dans l'équation du plan ; une solution : sécants ; aucune : strictement parallèles ; tout tt : droite contenue dans le plan.
  7. Deux droites : vecteurs directeurs colinéaires, droites parallèles ; sinon, système en tt et ss : une solution, sécantes ; aucune, non coplanaires.
  8. Projeté sur un plan : intersection du plan et de la droite passant par MM dirigée par n⃗\vec{n}. Projeté sur une droite : le point H(t)H(t) tel que MH(t)→⋅u⃗=0\overrightarrow{MH(t)} \cdot \vec{u} = 0. La distance est MHMH.
  9. Systèmes en géométrie : base (pas de solution à w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v}), coordonnées dans une base (solution unique), coplanarité, alignement. On résout, puis on interprète.
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