5.1 Limite en +∞
limx→+∞lnx=+∞.
Pourquoi. Soit A un réel. Comme ln est croissante, lnx≥A⟺x≥eA. Donc l'intervalle [A;+∞[ contient tous les lnx dès que x≥eA : c'est la définition du chapitre 4.
La croissance est très lente : pour que lnx dépasse 10, il faut x≥e10≈22026.
5.2 Limite en 0
limx→0+lnx=−∞.
Pourquoi. Soit B un réel. Pour x>0, lnx≤B⟺x≤eB. Donc l'intervalle ]−∞;B] contient tous les lnx dès que 0<x≤eB.
Interprétation. L'axe des ordonnées (la droite d'équation x=0) est asymptote verticale à la courbe de ln. Par exemple, ln(10−6)≈−13,8.
5.3 Tableau de variations complet
| x |
0 |
|
1 |
|
e |
|
+∞ |
| ln′(x)=x1 |
‖ |
+ |
|
+ |
|
+ |
|
| ln |
−∞ |
croissante |
0 |
croissante |
1 |
croissante |
+∞ |
La double barre rappelle que ln n'est pas définie en 0.
5.4 La courbe
- Elle passe par les points (1;0) et (e;1).
- Sa tangente au point (1;0) a pour équation y=x−1.
- Sa tangente au point (e;1) a pour coefficient directeur ln′(e)=e1 et pour équation y=1+e1(x−e), soit y=ex : elle passe par l'origine.
- La fonction est concave : la courbe est en dessous de ses tangentes.
- Quelques valeurs : ln2≈0,69, ln5≈1,61, ln10≈2,30, ln0,5≈−0,69.
5.5 Lien avec la courbe de l'exponentielle
Propriété. Dans un repère orthonormé, les courbes des fonctions exp et ln sont symétriques par rapport à la droite d'équation y=x.
Pourquoi. Pour tout réel a et tout réel b>0 :
M(a;b) est sur la courbe de exp⟺b=ea⟺a=lnb⟺M′(b;a) est sur la courbe de ln.
Or le point M′(b;a) est le symétrique de M(a;b) par rapport à la droite y=x.
| Courbe de exp |
Courbe de ln |
| point (0;1) |
point (1;0) |
| point (1;e) |
point (e;1) |
| tangente y=x+1 en (0;1) |
tangente y=x−1 en (1;0) |
| asymptote horizontale y=0 en −∞ |
asymptote verticale x=0 |
| convexe, au-dessus de la droite y=x |
concave, en dessous de la droite y=x |
Le programme demande de s'appuyer sur ces « images mentales » : il suffit de connaître la courbe de l'exponentielle et de la retourner autour de la droite y=x. Les deux inégalités ex≥x+1 (chapitre 4) et lnx≤x−1 (leçon 4) se correspondent aussi par cette symétrie.
5.6 Limites de fonctions composées
On pose X=u(x), comme au chapitre 4.
Exemple 21. f(x)=ln(x−2) sur ]2;+∞[.
- Quand x→2+, X=x−2→0+ et lnX→−∞ : x→2+limf(x)=−∞. La droite x=2 est asymptote verticale.
- Quand x→+∞, X→+∞ et lnX→+∞ : x→+∞limf(x)=+∞.
Exemple 22. g(x)=x+lnx sur ]0;+∞[. En 0+ : x→0 et lnx→−∞, donc par somme g(x)→−∞. En +∞ : g(x)→+∞ par somme.
Exemple 23. h(x)=ln(1+x1) sur ]0;+∞[. Quand x→+∞, X=1+x1→1, et lnX→ln1=0 (ln est continue en 1, car dérivable) : x→+∞limh(x)=0.