Le sinus et le cosinus, tu les connais depuis le collège, dans les triangles. En Première, ils sont devenus les coordonnées d'un point qui tourne sur un cercle. Dans ce chapitre, ils deviennent de vraies fonctions, que l'on dérive, que l'on étudie, et dont on résout les équations. Elles décrivent tout ce qui se répète : une marée, la durée du jour, la tension d'une prise électrique. Elles permettent aussi de résoudre des problèmes de géométrie où l'inconnue est un angle.
Dans tout le chapitre, les angles sont en radians, et la calculatrice doit être réglée en radians.
Leçon 1 : Du cercle aux fonctions sinus et cosinus
Dans un repère orthonormé d'origine O, le cercle trigonométrique est le cercle de centre O et de rayon 1, parcouru dans le sens direct, c'est-à-dire le sens inverse des aiguilles d'une montre. On note I le point de coordonnées (1;0).
On enroule la droite des réels autour du cercle, en partant du point I. À chaque réel x correspond ainsi un unique point M du cercle, appelé image de x. Si x>0, on tourne dans le sens direct ; si x<0, dans l'autre sens. La longueur de l'arc parcouru vaut ∣x∣ : c'est la mesure en radians.
Le périmètre du cercle vaut 2π : un tour complet mesure 2π radians, un demi-tour π radians.
Degrés
30
45
60
90
180
360
Radians
6π
4π
3π
2π
π
2π
1.2 Cosinus et sinus d'un réel
Définition. Soit x un réel et M son image sur le cercle trigonométrique. Le cosinus de x, noté cosx ou cos(x), est l'abscisse de M. Le sinus de x, noté sinx ou sin(x), est son ordonnée :
M(cosx;sinx).
Propriétés. Pour tout réel x :
−1≤cosx≤1 et −1≤sinx≤1, car M est sur un cercle de rayon 1 ;
cos2x+sin2x=1, par le théorème de Pythagore (la distance OM vaut 1).
Lien avec le triangle rectangle. Pour 0<x<2π, soit H le projeté orthogonal de M sur l'axe des abscisses. Le triangle OHM est rectangle en H, avec OM=1 : on retrouve cosx=OMOH=OH et sinx=OMHM=HM.
1.3 Valeurs remarquables
x
0
6π
4π
3π
2π
π
cosx
1
23
22
21
0
−1
sinx
0
21
22
23
1
0
Ces valeurs sont à connaître par cœur. Un repère : de 0 à 2π, le sinus prend les valeurs 20, 21, 22, 23, 24, et le cosinus prend les mêmes dans l'ordre inverse.
1.4 Angles associés
Les symétries du cercle donnent les autres valeurs. Pour tout réel x :
Symétrie du point de x
Réel associé
Cosinus
Sinus
par rapport à l'axe des abscisses
−x
cos(−x)=cosx
sin(−x)=−sinx
par rapport à l'axe des ordonnées
π−x
cos(π−x)=−cosx
sin(π−x)=sinx
par rapport à l'origine
π+x
cos(π+x)=−cosx
sin(π+x)=−sinx
par rapport à la droite y=x
2π−x
cos(2π−x)=sinx
sin(2π−x)=cosx
On en déduit aussi cos(2π+x)=−sinx et sin(2π+x)=cosx.
Exemple 1.cos32π=cos(π−3π)=−cos3π=−21 et sin32π=sin3π=23.
Exemple 2.sin65π=sin(π−6π)=21 ; cos65π=−23 ; sin67π=sin(π+6π)=−21 ; cos(−43π)=cos43π=−22.
1.5 Parité
Définition. Une fonction f définie sur R est paire si f(−x)=f(x) pour tout réel x : sa courbe est alors symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. Elle est impaire si f(−x)=−f(x) pour tout réel x : sa courbe est alors symétrique par rapport à l'origine du repère.
Propriété. Les fonctions cosinus et sinus sont définies sur R. La fonction cos est paire, la fonction sin est impaire :
cos(−x)=cosxetsin(−x)=−sinx.
Exemple 3.f:x↦x2cosx est paire, car f(−x)=(−x)2cos(−x)=x2cosx. La fonction g:x↦xcosx est impaire, car g(−x)=−xcos(−x)=−g(x).
1.6 Périodicité
Définition. Soit T>0. Une fonction f définie sur R est périodique de période T si f(x+T)=f(x) pour tout réel x. Sa courbe se reproduit alors par la translation de vecteur T.
Propriété. Ajouter 2π à un réel, c'est faire un tour de plus : on revient au même point du cercle. Donc, pour tout réel x,
cos(x+2π)=cosxetsin(x+2π)=sinx.
Les fonctions cos et sin sont périodiques de période 2π.
Il suffit donc de tracer leurs courbes sur un intervalle de longueur 2π, par exemple [−π;π], puis de les reproduire par translation.
Exemple 4.313π=3π+4π, donc cos313π=cos3π=21 : on a fait deux tours de plus.
Exemple 5.x↦cos(2x) est périodique de période π, car cos(2(x+π))=cos(2x+2π)=cos(2x).
1.7 Du cercle aux courbes
Quand x augmente, le point M tourne sur le cercle.
Sa hauteur est sinx. De 0 à 2π, elle monte de 0 à 1 ; de 2π à π, elle redescend à 0 ; de π à 23π, elle descend à −1 ; de 23π à 2π, elle revient à 0. Cette hauteur, reportée en face de x, dessine la courbe de sinus.
Son abscisse est cosx. Elle part de 1, passe par 0 en 2π, atteint −1 en π, puis revient à 1 en 2π. Reportée de la même façon, elle dessine la courbe de cosinus.
La parité et la périodicité se voient sur le cercle : −x est le symétrique de x par rapport à l'axe des abscisses, et x+2π tombe sur le même point que x.
Le taux de variation de la fonction sinus entre 0 et h vaut hsinh−sin0=hsinh.
h
0,1
0,01
0,001
hsinh
≈0,998
≈0,99998
≈0,9999998
hcosh−1
≈−0,04996
≈−0,00500
≈−0,0005
Le premier taux semble tendre vers 1, le second vers 0 : les nombres dérivés valent sin′(0)=1 et cos′(0)=0. La tangente en 0 à la courbe de sinus a pour équation y=x. Près de 0, la courbe se confond presque avec cette droite.
2.2 Observer, partout
En déplaçant la tangente le long de la courbe de sinus, on lit sa pente.
x
0
2π
π
23π
2π
Pente de la tangente
1
0
−1
0
1
cosx
1
0
−1
0
1
La pente de la tangente au point d'abscisse x semble toujours valoir cosx.
2.3 Le théorème
Théorème (admis). Les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur R, et pour tout réel x :
sin′(x)=cosxetcos′(x)=−sinx.
La seconde formule se déduit de la première. En effet, cosx=sin(2π−x), et la dérivée d'une composée (chapitre 5) donne
cos′(x)=−cos(2π−x)=−sinx.
Conséquence. Étant dérivables, les fonctions sin et cos sont continues sur R (chapitre 7).
Deux limites. Dire que sin′(0)=1 et que cos′(0)=0, c'est dire que
limx→0xsinx=1etlimx→0xcosx−1=0.
2.4 Fonctions composées
La dérivée d'une composée (chapitre 5) donne, pour tous réels a et b :
(sin(ax+b))′=acos(ax+b)et(cos(ax+b))′=−asin(ax+b).
Plus généralement, si u est une fonction dérivable sur un intervalle I :
(sinu)′=u′cosuet(cosu)′=−u′sinu.
Exemple 6.(sin(3x))′=3cos(3x) ; (cos(2x−3π))′=−2sin(2x−3π).
Exemple 7. Avec u(x)=x2 : (sin(x2))′=2xcos(x2). Avec (eu)′=u′eu : (ecosx)′=−sinxecosx.
2.5 Produits, quotients, puissances
Les règles de calcul restent les mêmes.
Exemple 8. Un produit : (xsinx)′=sinx+xcosx.
Exemple 9. Une puissance, avec (u2)′=2u′u : (cos2x)′=−2sinxcosx.
Exemple 10. Un quotient : pour tout réel x, 2+cosx>0, et
(2+cosxsinx)′=(2+cosx)2cosx(2+cosx)+sinx×sinx=(2+cosx)22cosx+cos2x+sin2x=(2+cosx)22cosx+1.
2.6 Tangentes
Exemple 11. La tangente à la courbe de sinus en 0 a pour équation y=sin0+cos0×(x−0), soit y=x. La tangente à la courbe de cosinus au point d'abscisse 2π a pour équation y=cos2π−sin2π(x−2π), soit y=−x+2π.
2.7 En situation : une bouée sur la houle
Exemple 12. Une bouée monte et descend sur la houle. Sa hauteur par rapport au niveau moyen, en mètres, vaut h(t)=1,5sin(0,5t), où t est en secondes. Sa vitesse est la dérivée :
v(t)=h′(t)=1,5×0,5cos(0,5t)=0,75cos(0,5t).
À l'instant 0, h(0)=0 et v(0)=0,75 : la bouée passe au niveau moyen à 0,75 m/s, en montant. En t=π, soit après environ 3,1 secondes, h(π)=1,5 : c'est le sommet de la vague, et v(π)=0. La bouée s'arrête un instant, puis redescend. Le mouvement se répète toutes les 4π≈12,6 secondes.
Les deux fonctions sont périodiques de période 2π : on les étudie sur [−π;π]. Comme cos est paire et sin impaire, on peut même se limiter à [0;π], et compléter par symétrie.
3.2 Variations de cosinus
Sur [0;π], cos′(x)=−sinx et sinx≥0, donc cos′(x)≤0, et cos′ ne s'annule qu'en 0 et en π : cos est strictement décroissante sur [0;π], de 1 à −1. Par parité, elle est strictement croissante sur [−π;0].
x
−π
0
π
cos′(x)=−sinx
0
+
0
−
0
cos
−1
croissante
1
décroissante
−1
Le maximum de cos vaut 1, atteint en 0 ; son minimum vaut −1, atteint en −π et en π.
3.3 Variations de sinus
Sur [−π;π], sin′(x)=cosx. Or cosx>0 sur ]−2π;2π[ et cosx<0 sur le reste de l'intervalle, sauf aux points −2π et 2π où il s'annule.
x
−π
−2π
2π
π
sin′(x)=cosx
−
0
+
0
−
sin
0
décroissante
−1
croissante
1
décroissante
0
3.4 Les courbes
Les courbes de sinus et de cosinus s'appellent des sinusoïdes. Elles ont la même forme : comme sinx=cos(x−2π), la courbe de sinus est l'image de la courbe de cosinus par la translation de vecteur 2π.
Pour les tracer, on place les points des valeurs remarquables et les tangentes utiles : la tangente y=x en 0 pour sinus, les tangentes horizontales aux sommets.
Limites. Comme on l'a vu au chapitre 4, cos et sin n'ont pas de limite en +∞ ni en −∞ : elles oscillent sans fin entre −1 et 1. Leur encadrement sert en revanche dans les théorèmes de comparaison.
Exemple 13. Pour tout réel x, x−1≤x+cosx≤x+1. Par comparaison, x→+∞lim(x+cosx)=+∞ et x→−∞lim(x+cosx)=−∞. De plus, (x+cosx)′=1−sinx≥0 : cette fonction est croissante sur R.
Exemple 14. Pour x>0, −x1≤xsinx≤x1. Par le théorème des gendarmes, x→+∞limxsinx=0.
3.5 Convexité
Pour tout réel x, sin′′(x)=−sinx et cos′′(x)=−cosx.
Sur [0;π], sinx≥0, donc sin′′≤0 : sin est concave sur [0;π]. Sur [−π;0], elle est convexe. En 0, sin′′ s'annule en changeant de signe : le point d'abscisse 0 est un point d'inflexion.
Sur [−2π;2π], cosx≥0, donc cos est concave sur cet intervalle. Sur [2π;π], elle est convexe. Les points d'abscisses −2π et 2π sont des points d'inflexion.
Conséquence. Une fonction concave est sous ses tangentes (chapitre 5). Sur [0;π], la courbe de sinus est donc sous sa tangente en 0 :
pour tout x∈[0;π],sinx≤x.
Pour x>π, l'inégalité reste vraie, car sinx≤1<π<x.
3.6 Période de cos(ωx) et sin(ωx)
Propriété. Pour ω>0, les fonctions x↦cos(ωx) et x↦sin(ωx) sont périodiques, de période ω2π.
En effet, cos(ω(x+ω2π))=cos(ωx+2π)=cos(ωx), et de même pour le sinus.
Exemple 15. Étudions f:x↦cos(2x). Elle est paire, et périodique de période π : on l'étudie sur [0;2π]. On a f′(x)=−2sin(2x). Pour x∈[0;2π], 2x∈[0;π], donc sin(2x)≥0 et f′(x)≤0 : f décroît de f(0)=1 à f(2π)=−1.
Exemple 16 : la tension d'une prise électrique. La tension, en volts, vaut u(t)=325sin(100πt), où t est en secondes. Sa période est 100π2π=0,02 s. La tension fait donc 0,021=50 oscillations complètes par seconde : c'est la fréquence de 50 hertz du réseau français. Elle varie de −325 à 325 volts, et atteint son maximum pour la première fois en t=0,005 s.
Sur le cercle, cosx est une abscisse. Résoudre cosx=a, c'est chercher les points du cercle d'abscisse a : on trace la droite verticale d'équation x=a.
Si a>1 ou a<−1, la droite ne coupe pas le cercle : il n'y a aucune solution.
Si −1<a<1, elle le coupe en deux points, symétriques par rapport à l'axe des abscisses.
Propriété. Pour tout a∈[−1;1], il existe un unique réel α∈[0;π] tel que cosα=a. Les solutions de cosx=a sur [−π;π] sont alors α et −α.
Pourquoi. La fonction cos est continue et strictement décroissante sur [0;π], de 1 à −1 : le théorème des valeurs intermédiaires, dans le cas des fonctions strictement monotones (chapitre 7), donne l'unique réel α. Par parité, cos(−α)=a, et il n'y a pas d'autre solution sur [−π;0], où cos est aussi strictement monotone.
Cas particuliers sur [−π;π].
a
Solutions
Remarque
1
0
une seule solution
0
−2π et 2π
−1
−π et π
un seul point du cercle, mais deux réels de l'intervalle
Exemple 17.cosx=21 : on sait que cos3π=21, donc α=3π. Sur [−π;π], les solutions sont −3π et 3π.
Exemple 18.cosx=−22 : ici, α=43π, car cos43π=−cos4π. Les solutions sont −43π et 43π.
Exemple 19.cosx=0,3 : ce n'est pas une valeur remarquable. La touche cos−1 de la calculatrice, en radians, donne α≈1,266. Les solutions sont x≈−1,266 et x≈1,266.
La touche cos−1 renvoie le réel α de [0;π]. Il faut donc toujours ajouter la seconde solution −α.
4.2 L'équation sinx=a
Le programme cite le cosinus ; la méthode est la même avec le sinus. Ici, sinx est une ordonnée : on trace la droite horizontale d'équation y=a.
Propriété. Pour tout a∈[−1;1], il existe un unique réel β∈[−2π;2π] tel que sinβ=a, car sin est continue et strictement croissante sur cet intervalle, de −1 à 1. C'est le réel donné par la touche sin−1.
Comme sin(π−β)=sinβ, le second point du cercle est celui de π−β. Pour rester dans [−π;π] :
si 0<a<1, les solutions sont β et π−β ;
si −1<a<0, les solutions sont β et −π−β ;
si a=1, l'unique solution est 2π ; si a=−1, l'unique solution est −2π ;
si a=0, il y a trois solutions : −π, 0 et π.
Plutôt que d'apprendre ces cas, on les lit sur le cercle.
Exemple 20.sinx=21 : les solutions sont 6π et π−6π=65π.
Exemple 21.sinx=−23 : on lit les deux points sous l'axe des abscisses. Les solutions sont −3π et −32π.
Exemple 22.sinx=0,4 : β≈0,412, et π−β≈2,730.
4.3 Sur tout R, ou sur un autre intervalle
La périodicité donne toutes les solutions. Si cosα=a et sinβ=a, alors, sur R :
cosx=a⟺x=α+2kπ ou x=−α+2kπ, avec k∈Z ;
sinx=a⟺x=β+2kπ ou x=π−β+2kπ, avec k∈Z.
Exemple 23. Sur R, cosx=21⟺x=3π+2kπ ou x=−3π+2kπ, avec k∈Z. Sur [0;2π], on garde 3π et −3π+2π=35π.
4.4 Des équations qui s'y ramènent
Exemple 24. Résolvons cos(2x)=21 sur [−π;π]. On pose X=2x : X=±3π+2kπ, donc x=±6π+kπ, avec k∈Z. Sur l'intervalle, on trouve quatre solutions : −65π, −6π, 6π et 65π.
Exemple 25. Résolvons 2cos2x−cosx−1=0 sur [−π;π]. On pose X=cosx : 2X2−X−1=(X−1)(2X+1). Donc cosx=1 ou cosx=−21. Les solutions sont 0, −32π et 32π.
Leçon 5 : Résoudre
cosx≤a
et l'analogue avec sinus
Sur le cercle. On trace la droite verticale d'abscisse 21. Les points d'abscisse inférieure ou égale à 21 sont à gauche de cette droite. Ils forment un arc qui passe par le point de π. Sur l'intervalle, cet arc est coupé en deux morceaux, car −π et π sont les deux bornes :
S=[−π;−3π]∪[3π;π].
Sur la courbe. La courbe de cosinus est sous la droite d'équation y=21 sur ces deux intervalles.
Par les variations. Sur [0;π], cos est strictement décroissante, donc cosx≤cos3π⟺x≥3π. La parité donne l'autre morceau.
5.2 Le cas général
Propriété. Soit −1<a<1 et α∈]0;π[ tel que cosα=a. Sur [−π;π] :
cosx≤a⟺x∈[−π;−α]∪[α;π] ;
cosx≥a⟺x∈[−α;α].
Avec une inégalité stricte, on ouvre les crochets en α et en −α.
Cas extrêmes.
Si a≥1, cosx≤a est vraie pour tout x : S=[−π;π].
Si a<−1, cosx≤a n'a aucune solution : S=∅.
Si a=−1, cosx≤−1 a pour solutions −π et π.
Exemple 26.cosx<22 : α=4π, et S=[−π;−4π[∪]4π;π].
Exemple 27.cosx≤−23 : α=65π, et S=[−π;−65π]∪[65π;π].
Exemple 28.cosx≥−21 : α=32π, et S=[−32π;32π]. De même, cosx>0 a pour ensemble de solutions ]−2π;2π[.
Exemple 29.cosx≤0,3 : α≈1,266, et S≈[−π;−1,266]∪[1,266;π].
Attention à l'intervalle. La forme de l'ensemble dépend de l'intervalle choisi. Sur [0;2π], cosx≤21 a pour ensemble de solutions un seul intervalle : [3π;35π].
5.3 Avec le sinus
On compare à la droite horizontale d'ordonnée a, et on lit l'arc sur le cercle.
Exemple 30.sinx≥21 : on garde les points au-dessus de la droite. L'arc va de 6π à 65π, d'un seul tenant : S=[6π;65π].
Exemple 31.sinx<21 : on prend tout le reste, S=[−π;6π[∪]65π;π].
Exemple 32.sinx<−22 : on garde les points sous la droite, S=]−43π;−4π[.
Exemple 33.sinx≥−21 : on enlève l'arc du bas, S=[−π;−65π]∪[−6π;π].
5.4 Étudier un signe
Ces inéquations donnent le signe d'une expression, donc celui d'une dérivée.
Exemple 34. Signe de 2cosx+1 sur [−π;π]. On a 2cosx+1≥0⟺cosx≥−21⟺x∈[−32π;32π].
x
−π
−32π
32π
π
2cosx+1
−
0
+
0
−
5.5 En situation
Exemple 35 : un panneau solaire. Un panneau reçoit une puissance, en watts, P(θ)=400cosθ, où θ∈[−2π;2π] est l'angle entre les rayons du soleil et la perpendiculaire au panneau. Pour quels angles reçoit-il au moins 200 watts ?
P(θ)≥200⟺cosθ≥21⟺−3π≤θ≤3π.
L'écart ne doit pas dépasser 60 degrés. Pour recevoir au moins 300 watts, il faut cosθ≥0,75, soit un écart d'au plus 0,723 radian environ, ou 41 degrés.
Exemple 36 : la marée. Dans un port, la hauteur d'eau, en mètres, est modélisée par h(t)=6+4cos(6πt), où t∈[−6;6] est le temps en heures, compté depuis la pleine mer. La hauteur vaut 10 mètres à la pleine mer et 2 mètres à la basse mer. Un bateau a besoin d'au moins 8 mètres d'eau pour entrer :
h(t)≥8⟺cos(6πt)≥21⟺−3π≤6πt≤3π⟺−2≤t≤2.
Le port est accessible de 2 heures avant à 2 heures après la pleine mer. Le modèle se répète toutes les 12 heures.
Pour étudier une fonction définie à partir de sinus et de cosinus :
Préciser l'intervalle d'étude, en utilisant la parité et la périodicité si besoin.
Calculer la dérivée, avec les règles de calcul et les composées.
Factoriser, pour isoler un sinus ou un cosinus. La relation sin2x=1−cos2x fait souvent apparaître un polynôme en cosx.
Résoudre l'inéquation qui reste, sur le cercle.
Dresser le tableau de variations, et conclure en revenant à la question posée.
6.2 Un problème de géométrie : la gouttière
Une bande de zinc large de 30 cm est pliée en trois parties égales pour faire une gouttière. Le fond mesure 10 cm, et chaque bord aussi, relevé d'un angle θ∈[0;2π] par rapport à l'horizontale. Quel angle donne la plus grande section ?
Modéliser. La section est un trapèze. Sa hauteur vaut 10sinθ. Sa petite base vaut 10, et sa grande base 10+2×10cosθ=10+20cosθ. Son aire, en cm², est donc
A(θ)=210+(10+20cosθ)×10sinθ=100(1+cosθ)sinθ.
Dériver. On étudie f(θ)=(1+cosθ)sinθ. Avec la dérivée d'un produit,
f′(θ)=−sinθ×sinθ+(1+cosθ)cosθ=−sin2θ+cosθ+cos2θ.
On remplace sin2θ par 1−cos2θ :
f′(θ)=2cos2θ+cosθ−1=(2cosθ−1)(cosθ+1).
Le signe. Sur l'intervalle, cosθ+1>0. Le signe de f′(θ) est donc celui de 2cosθ−1, et sur [0;2π], cosθ≥21⟺θ≤3π.
θ
0
3π
2π
f′(θ)
+
0
−
f
0
croissante
433
décroissante
1
Conclure. La section est maximale pour θ=3π, soit 60 degrés. Elle vaut 100×433≈129,9 cm². Avec des bords verticaux, elle ne vaudrait que 100 cm² : on gagne près de 30%.
6.3 Une étude sans géométrie
Exemple 37. Étudions f(x)=x+2cosx sur [−π;π]. On a f′(x)=1−2sinx, et f′(x)≥0⟺sinx≤21⟺x∈[−π;6π]∪[65π;π].
x
−π
6π
65π
π
f′(x)
+
0
−
0
+
f
−π−2
croissante
6π+3
décroissante
65π−3
croissante
π−2
La fonction f a un maximum local en 6π, environ 2,256, et un minimum local en 65π, environ 0,886. Sur l'intervalle, son minimum est f(−π)=−π−2≈−5,142, et f(π)=π−2≈1,142.
6.4 Une étude avec parité et périodicité
Exemple 38. Soit f(x)=2+cosxsinx sur R. Elle est périodique de période 2π et impaire : on l'étudie sur [0;π]. D'après l'exemple 10, f′(x)=(2+cosx)22cosx+1, du signe de 2cosx+1. Sur [0;π], f′(x)≥0⟺x≤32π.
x
0
32π
π
f′(x)
+
0
−
f
0
croissante
33
décroissante
0
Le maximum de f vaut 33≈0,577, atteint en 32π.
6.5 Un second problème : le jet d'eau
Exemple 39. Un jet d'eau sort à l'angle θ∈[0;2π] avec le sol. Pour une vitesse donnée, sa portée, en mètres, est modélisée par d(θ)=10sin(2θ). On a d′(θ)=20cos(2θ). Pour θ∈[0;2π], 2θ∈[0;π], donc d′(θ)≥0⟺2θ≤2π⟺θ≤4π. La portée est maximale pour θ=4π, soit 45 degrés, et vaut 10 mètres. Les angles de 30 et 60 degrés donnent la même portée, 53≈8,66 mètres.
Ce qu'il faut retenir du chapitre
Sur le cercle trigonométrique, M(cosx;sinx), avec −1≤cosx≤1, −1≤sinx≤1 et cos2x+sin2x=1. Les valeurs en 0, 6π, 4π, 3π, 2π, π sont à connaître.
cos(−x)=cosx (paire, courbe symétrique par rapport à l'axe des ordonnées) ; sin(−x)=−sinx (impaire, courbe symétrique par rapport à l'origine). Les deux fonctions sont périodiques de période 2π. La courbe de sinus reporte la hauteur de M, celle de cosinus reporte son abscisse.
sin′(x)=cosx et cos′(x)=−sinx (admis) ; (sinu)′=u′cosu et (cosu)′=−u′sinu ; en particulier (sin(ax+b))′=acos(ax+b) et (cos(ax+b))′=−asin(ax+b).
cos décroît de 1 à −1 sur [0;π] ; sin croît de −1 à 1 sur [−2π;2π]. sin est concave sur [0;π], et sinx≤x pour x≥0. Pour ω>0, cos(ωx) et sin(ωx) ont pour période ω2π.
cosx=a a pour solutions α et −α sur [−π;π], si a∈[−1;1] et α∈[0;π]. Pour sinx=a, on lit les deux points sur le cercle. Hors de [−1;1], il n'y a aucune solution. Sur R, on ajoute 2kπ.
Sur [−π;π], cosx≤a donne [−π;−α]∪[α;π], et cosx≥a donne [−α;α]. Pour le sinus, on compare à une droite horizontale. On vérifie toujours les bornes.
Pour étudier une fonction trigonométrique : intervalle, dérivée, factorisation, inéquation sur le cercle, tableau de variations, conclusion.
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