Vidéo 1 : Rappels sur la dérivation · 3 min 36 s · sous-titres en français
Le cours écrit
1.1 Nombre dérivé et tangente
Soit f une fonction définie sur I et a un réel de I. Le taux de variation de f entre a et a+h (h=0) est hf(a+h)−f(a) : c'est la pente de la sécante qui passe par les points d'abscisses a et a+h. Si ce taux a une limite finie quand h tend vers 0, f est dérivable en a, et cette limite est le nombre dérivéf′(a).
Tangente. La tangente à Cf au point d'abscisse a est la droite qui passe par A(a;f(a)) et qui a pour coefficient directeur f′(a). Son équation est
y=f(a)+f′(a)(x−a).
1.2 Dérivées des fonctions de référence
f(x)
f′(x)
f est dérivable sur
k (constante)
0
R
x
1
R
xn (n entier, n≥1)
nxn−1
R
x1
−x21
]−∞;0[ et ]0;+∞[
xn1=x−n (n entier, n≥1)
−xn+1n
]−∞;0[ et ]0;+∞[
x
2x1
]0;+∞[
ex
ex
R
La formule (xn)′=nxn−1 reste vraie pour tout entier n négatif, pour x=0 : par exemple (x−2)′=−2x−3. La fonction racine carrée est définie en 0 mais n'y est pas dérivable.
1.3 Règles de calcul
Soient u et v deux fonctions dérivables sur I, et k un réel.
Fonction
Dérivée
Condition
u+v
u′+v′
ku
ku′
uv
u′v+uv′
v1
−v2v′
v ne s'annule pas sur I
vu
v2u′v−uv′
v ne s'annule pas sur I
Avec une fonction affine. Si g est dérivable, la fonction x↦g(ax+b) a pour dérivée x↦ag′(ax+b). Par exemple, (ekx)′=kekx et ((3x−2)5)′=3×5(3x−2)4=15(3x−2)4.
1.4 Signe de la dérivée et variations
Soit f une fonction dérivable sur un intervalleI (propriété de Première) :
si f′(x)≥0 pour tout x de I, alors f est croissante sur I ;
si f′(x)≤0 pour tout x de I, alors f est décroissante sur I ;
si f′(x)=0 pour tout x de I, alors f est constante sur I.
Si f′ s'annule en aen changeant de signe, alors f admet un extremum local en a : un maximum si f′ passe du signe + au signe −, un minimum dans l'autre cas. Dans tous les cas, en un extremum local a qui n'est pas une borne de I, f′(a)=0 : la tangente y est horizontale.
1.5 Deux exemples
Exemple 1. Soit f(x)=(3x−1)e2x sur R.
Dérivée. On pose u(x)=3x−1 et v(x)=e2x : u′(x)=3 et v′(x)=2e2x. Par la règle du produit,
f′(x)=3e2x+(3x−1)×2e2x=(3+6x−2)e2x=(6x+1)e2x.
Variations. Comme e2x>0, f′(x) a le signe de 6x+1 : négatif si x<−61, positif si x>−61.
x
−∞
−61
+∞
f′(x)
−
0
+
f
décroissante
−23e−1/3
croissante
f admet un minimum en −61 : f(−61)=(−21−1)e−1/3=−23e−1/3≈−1,075.
Tangente en 0.f(0)=−1 et f′(0)=1, donc la tangente a pour équation y=−1+1×(x−0), soit y=x−1.
Exemple 2. Soit g(x)=x+2x−1 sur ]−2;+∞[. Par la règle du quotient, avec u(x)=x−1 et v(x)=x+2 :
g′(x)=(x+2)21×(x+2)−(x−1)×1=(x+2)23>0.
La fonction g est strictement croissante sur ]−2;+∞[.
1.6 Un peu d'histoire
Le programme le rappelle : le calcul différentiel s'est développé au XVIIe siècle, en même temps que la physique mathématique. Fermat, Huygens, Pascal et Barrow étudient le problème des tangentes, et reconnaissent qu'il est l'inverse du problème des aires. Les travaux de Newton et de Leibniz révèlent ensuite deux visions et deux pratiques différentes de ce calcul. Il faudra attendre la notion de limite pour lui donner des fondements solides.